julia_segui Encore une journée de flottement, une journée de temps de neige sans neige qui tombe. J'ai cru à un regain d'énergie ce matin mais il m'a ensuite fallu une après-midi de sieste pour m'en remettre. J'ai profité de mon heure de sortie pour me rendre dans mon ancien collège dont je dépends toujours et faire attester ma participation à la sortie au salon du livre de Montreuil, il y a deux semaines déjà. J'en ai profité pour apporter les photos que j'y ai faites à ma collègue doc, elle va en faire de jolis panneaux pour que les élèves n'oublient pas. Sur le chemin du retour, j'ai fait un crochet par le centre-ville car mes Demoiselles y étaient avec leur école pour patiner. Je me suis laissé surprendre par une MissLou toute joyeuse glissant sur la glace main dans la main avec sa copine, tandis que de grosses larmes ont coulé en silence sur les joues de ma Lilise quand elle m'a vue. Je suis rentrée à 10 heures, fatiguée comme si c'était moi qui avais patiné des heures dans le froid, je n'ai même pas eu la force de m'occuper des photos que j'ai prises.
Après cette heure de sortie, plus rien. Des heures grises, douces comme cette couleur que j'aime mais indécises, en équilibre précaire entre le blanc et le noir. Des heures vides.
Le vent glacial du soir m'a presque fait du bien, me sortant de ma léthargie le temps de me rendre à la garderie pour retrouver les joues roses de fatigue de mes Demoiselles. Nous sommes rentrées en répétant les chants de la chorale de Noël, avançant au rythme d'une Lilise qui monte puis saute toutes les marches de toutes les maisons ouvrières devant lesquelles nous passons, ce rythme qui, finalement, fut le mien toute la journée, up and down.

Illustration de Julia Ségui : cliquez sur son nom pour découvrir son joli univers.